Oss 117 rio ne repond plus

Avril 2009. Il pleut (évidemment), Paris est grise, et moi j’ai décidé que ce soir serait placé sous le signe du cinéma et du second degré. Direction une petite salle du Quartier Latin pour voir OSS 117 : Rio ne répond plus. J’avais adoré le premier, j’y allais donc avec un mélange d’excitation et de légère appréhension (la suite, c’est toujours un pari).
Verdict en sortant de la salle : j’ai ri. Vraiment ri. Pas le petit sourire poli, non, le vrai rire qui te surprend toute seule dans ton siège, celui où tu regardes les autres en te disant “ok, je suis pas la seule à trouver ça complètement absurde”. Jean Dujardin est toujours aussi délicieusement agaçant dans ce rôle d’agent secret macho, maladroit, complètement à côté de la plaque. Et c’est justement ça qui marche. OSS 117, c’est le politiquement incorrect poussé tellement loin que ça devient une caricature, un miroir un peu cruel de nos vieux clichés.
Ce que j’aime dans ce film, c’est ce mélange de glamour kitsch et d’humour grinçant. Les décors exotiques, les costumes trop parfaits, les répliques qu’on sent déjà cultes avant même d’avoir quitté la salle. On rit, mais on grimace aussi parfois, parce que certaines blagues piquent là où ça fait mal. Et au fond, c’est ça qui rend le film intéressant : il joue avec nos limites, avec ce qu’on est prêts à trouver drôle ou non.
Dans la salle, il y avait ce mélange typiquement parisien : des couples, des bandes de potes, quelques touristes un peu perdus. Les rires partaient en décalé, certains applaudissaient presque certaines scènes, d’autres soupiraient. Moi, j’étais entre les deux : séduite par l’énergie du film, un peu mal à l’aise devant certaines vannes, mais globalement embarquée par ce grand n’importe quoi stylé.
En sortant, l’air d’avril m’a semblé plus léger. Comme si ce film m’avait offert une parenthèse de pure déconnexion. Pas un chef-d’œuvre, pas un film qui change la vie, mais exactement ce qu’il faut pour oublier une journée trop sérieuse. Un moment pop, un peu idiot, très français, et finalement assez parisien dans l’esprit : on rit de nous-mêmes, de nos travers, de nos clichés, en se donnant bonne conscience parce que c’est “du second degré”.
Bref, OSS 117 ne répond peut-être pas à tout, mais ce soir-là, il a répondu à mon besoin de rire. Et franchement, c’était déjà pas mal.
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